Questions/réponses – 10 réformes ?

Tu arrives au pouvoir, dans les meilleures conditions pour légiférer. Quelles sont tes 10 (ou plus) premières mesures ?

Drôle de question, mais intéressante tout de même, je souhaitais donc y consacrer ce podcast.

  1. Ma première réforme serait d’abolir tous les crimes sans victime, et dans la mesure du possible amnistier ceux qui ont été injustement enfermés. Comme le disait Bastiat, la loi est là pour empêcher les injustices, pas pour protéger les gens d’eux-même. Cela inclut par exemple les lois sur les drogues, la prostitution ou l’immigration. Qu’il faille encadrer ces pratiques pour éviter les abus, soit. Mais l’on ne devrait jamais se retrouver en prison si l’on a abusé ou agressé personne.
  2. J’appliquerais ensuite une proposition simple du Collectif Antigone, qui consiste à faire voter aux 2/3 de l’assemblée tout budget déficitaire. La majorité simple serait suffisante s’il est équilibré. En clair, si la conjecture est bonne, le gouvernement doit se tenir à carreau sur les dépenses. Cependant, si des dépenses exceptionnelles sont nécessaires, la majorité devra faire des compromis pour convaincre l’opposition de valider le budget. L’objectif est d’empêcher toute gabegie en période de croissance, comme on a pu en avoir durant les années Chirac.
  3. Sur les impôts, je procéderais dans un premier temps à une immense simplification avant de parler de baisse globale. Les débats sont très tendus sur ce sujet notamment à cause de son opacité. En gros, il s’agirait d’avoir un prélèvement à la source, de faire un immense ménage dans les niches fiscales et de réattribuer certains budgets aux organismes concernés. Par exemple, pourquoi a-t-on des décotes sur l’impôt sur le revenu quand on a des enfants alors qu’il existe déjà des programmes d’allocations familiales ? C’est faire deux fois le même travail. L’avantage immédiat serait d’alléger le code des impôts, de libérer des fonctionnaires qui peuvent être assignes à d’autres administrations, le tout sans toucher au budget de l’état et en facilitant la vie des français. C’est insuffisant me direz-vous, mais c’est la première étape, elle est indispensable et c’est certainement la plus compliquée, avant de pouvoir parler de réelle baisse des impôts.
  4. Sur l’imposition des entreprises, je procéderais de manière encore plus radicale : suppression de l’impôt sur les bénéfices, en même temps qu’une suppression de toutes les aides accordées aux entreprises. Les entreprises ne sont pas des personnes réelles, elles n’ont nulle besoin d’un état-providence pour en redistribuer arbitrairement les profits. D’autant plus que toute complexité administrative favorise les grosses sociétés qui en connaissent les rouages, contrairement aux petites entreprises qui n’ont pas les ressources humaines pour se tenir à jour de toutes les démarches. Il serait temps que les entreprises arrêtent de remplir des formulaires et se remettent à produire.
  5. Sur l’immobilier, je pense que c’est un point sur lequel il faut impérativement agir quand on regarde l’évolution de la part du loyer dans le budget des ménages sur les dernières décennies. Comme j’ai eu l’occasion de le dire, le prix des loyers est devenu un des principaux facteurs de pauvreté en France. Il faut une politique de l’offre forte pour débloquer les logements vacants et la construction de nouveaux logements. En clair, agir sur les réglementations bloquantes.
  6. Pour l’éducation, je pense que le chèque scolaire est un compromis intéressant. Il facilite l’accès à l’école d’un côté tout en permettant de défaire l’école publique de l’autre. Pour ceux qui ne connaissent pas, le chèque scolaire est une somme d’argent versée aux familles pour chaque enfant afin de leur garantir de pouvoir aller à l’école. Ca semble anti-libéral au premier abord, c’est parce qu’il est difficile de considérer un enfant comme un adulte responsable. Petite parenthèse, cet argent pourrait aussi aller pour les familles qui souhaitent éduquer leurs enfants à la maison.
  7. Autre réforme, supprimer les départements. Le mille-feuille administratif est devenu une énorme source de doublons et de pertes de temps. Il n’y a rien aujourd’hui que les départements fassent qui ne pourrait être assumé par les régions ou les collectivités locales.
  8. Pour le droit du travail, il faut arrêter d’essayer d’y caser toutes les subtilités de tous les cas de figures de tous les métiers possibles et imaginables. Aujourd’hui, chaque entreprise est virtuellement hors-la-loi tant le code du travail est complexe et illisible. Il faudrait le réduire, non pas pour priver les salariés de leurs droits, mais pour n’y laisser que les dispositions générales, et ensuite donner plus de pouvoir au dialogue syndical afin d’avoir les subtilités nécessaire à des échelons plus proches de la réalités du travail, comme les accords de branche par exemple.
  9. Enfin, j’ouvrirais à la concurrence les différents monopoles d’état. Ils sont nombreux et très divers, ça va de l’interdiction de concurrencer la SNCF sur les liaisons inter-villes avec des cars au système de retraite. Je ne pense pas qu’un système soit fondamentalement plus efficace s’il est privé ou public, mais que c’est la concurrence qui oblige les compétiteurs à être meilleurs. On ne peut affirmer qu’une méthode est efficace que si on la compare à une autre.
  10. Et je finirais en abolissant le mariage civil. Vu les derniers débats sur le sujet, c’est ma petite touche finale juste pour emmerder le monde.