Faut-il privatiser les services publics ?

Comment éviter que les privatisations ne se réduisent à des escroqueries et aux pires exemples de capitalisme de connivence (comme ça a été le cas pour le marché de l’électricité) ?

Il faut faire la différence entre privatiser et ouvrir à la concurrence. La France possède un lourd passif de privatisations qui ont tourné à la vente au rabais en faveur d’industriels proches du pouvoir, tout en conservant une réglementation suffisamment lourde pour gêner des potentiels concurrents.

Ouvrir à la concurrence permet de mettre une entreprise publique sur un band d’essai : si son service est de qualité, personne n’ira voir ailleurs. Si ce n’est pas le cas, alors c’est une bonne chose que de permettre des alternatives.

Milton Friedman n’avait rien contre les entreprises publiques, dans la mesure où la concurrence reste autorisée. Il cite l’exemple connu de la poste, qui aux États-Unis possède un monopole sur la livraison du courrier.

 

Que pensez-vous de la privatisation des autoroutes en France ?

C’est une énorme tartufferie.

L’état fait des investissements lourds aux frais du contribuable, instaure des régimes et lois d’exceptions dans tous les sens, contrôle les prix, puis refile le bébé à des copains.

Des autoroutes « libérales » seraient des autoroutes créées par le privé, avec du capital privé, des prix décidés par ces sociétés et pas d’expropriation lors de la construction.