N’augmentez pas le salaire minimum — Renversez le gouvernement plutôt

Traduction de Don’t Raise The Minimum Wage — Bring Down The Government Instead par Jonathan Carp.

 

Dans la ville-devenue-aéroport de Seatac, à Washington, une proposition de salaire minimum à 15$ de l’heure a été mise au vote. Elle possède une courte majorité et fera certainement l’objet d’un recomptage, tandis qu’à Seattle un candidat socialiste a gagné l’élection du conseil municipal sur un programme incluant un salaire minimum de 15$/heure pour toute la ville. A travers les États-Unis, les campagnes pour augmenter le salaire minimum s’accélèrent, notamment à Canton dans l’Ohio, la nouvelle de la création d’un programme d’aide mutuelle par des employés de Wal-Mart pour ceux d’entre eux qui n’ont pas assez pour survivre a poussé les fonctionnaires locaux à demander une hausse substantielle.

En tant que travailleur et activiste, mon premier réflexe serait de soutenir ces initiatives, tout comme je soutiens tout ce qui peut aider mon camp dans la lutte des classes actuelle. Cependant, non seulement augmenter le salaire minimum va probablement faire du tord aux personnes qu’il est sensé aider, mais de toute façon ces hausses ne répondent pas au problème. Le problème n’est pas que nous ne sommes pas assez payés, mais que le gouvernement, à travers une constellation de politiques, rend le coût de la vie bien plus élevé qu’il ne devrait être. Nous sommes affamés dans un monde d’abondance, et nous sommes coincés à devoir payer le prix le Trevelyan pour le maïs de Trevelyan.

Les travailleurs sont payés pour produire, et augmenter le prix pour les employer va faire ce que monter n’importe quel prix fait — inciter à économiser et trouver des alternatives, ou dans des termes plus simples, pousser les patrons à faire travailler plus dur moins de salariés et les remplacer par des machines autant que possible. L’automatisation avance, comme elle l’a toujours fait, et un jour les restaurants fast-food feront des économies en remplaçant les caissiers par des kiosques et les cuistots par des robots burgers. Un salaire minimum de 15$/heure ne fera qu’accélérer ce mouvement, et pendant ce temps poussera les patrons à demander encore plus à des équipes déjà réduites et exténuées.

Mais l’incapacité des travailleurs à subvenir décemment à leurs besoins, encore moins à ceux de leurs familles, avec leurs salaires actuels est un problème réel, et un qui a une solution réelle — renverser le gouvernement. Comme Charles Johnson documente dans “Scratching By: How Government Creates Poverty As We Know It”, et comme tous ceux qui ont vécu dans la pauvreté ou l’ont côtoyée le savent mieux que quiconque, les pauvres sont assaillis par une litanie d’interventions d’état qui limitent leurs options et font monter le coût de la vie. Le prix de la santé est placé hors d’atteinte par des cartels soutenus par l’état ; l’auto-emploi est un rêve lointain à cause des licences et des assurances requises ; tous les échelons de l’état affichent ouvertement leur désir de faire monter le prix de l’immobilier et ces hausses sont pratiquement célébrées comme des triomphes politiques. Même la nourriture, le truc le plus basique de la vie, a un prix délibérément gonflé par les politiques d’état, officiellement pour protéger les familles des agriculteurs, mais en réalité pour engraisser le porte-feuille du business agricole.

Augmenter le salaire minimum est une solution à court terme qui créé plus de problèmes qu’il n’en résout. Il ne fait qu’accélérer le remplacement des travailleurs par des machines, et sans régler le problème fondamental de capitalisme d’état, avec sa socialisation des coûts et ses politiques qui s’assurent que les gains de productivité vont vers les possédants, pas aux travailleurs, un tel développement serait désastreux. Au lieu de titiller sur les détails d’un système qui produirait paix sociale et prospérité générale, nous devrions dégager le tout et construire un nouveau système à la place, un ordre construit sur l’association libre d’individus libres, un ordre anarchiste. Au lieu de supplier pour avoir les miettes du coin de la table, pendons Trevelyan et prenons le maïs.