Il est impossible d’être libertarien et pour des frontières fermées

Traduction de There’s No Such Thing as a Closed-Borders Libertarian de Christopher Freiman.

 

Parfois vous entendrez des gens qui sont généralement en faveur de l’économie de marché émettre des affirmations comme « Je soutiens les frontières ouvertes sur le principe, mais nous ne pouvons pas avoir à la fois de l’immigration et un état-providence donc je rejette l’immigration en pratique. » L’idée, en gros, est qu’alors que les arguments habituels en faveur du libéralisme vont aussi dans le sens d’une immigration libre toute chose égale par ailleurs, toute chose n’est pas égale : fermer nos frontières est justifié comme un moyen d’empêcher une surconsommation des aides de l’état.

À noter, je pense que nous devrions mettre en place un programme de redistribution comme un impôt négatif ou un revenu de base universel s’il s’avère que c’est le meilleur moyen institutionnel de soulager la pauvreté. Et malgré je crois que l’expérience nous montre que l’immigration libre aurait un bénéfice économique net pour les pays accueillants, je vais mettre ici cet argument de côté.

Donc, devrions-nous rejeter la liberté d’immigrer concrètement ?

Non, et voici pourquoi : si empêcher la hausse de la consommation d’état-providence justifie de restreindre la liberté d’immigration, alors ça justifie de même de restreindre nos libertés dans, et bien, tout.

Les libertariens s’opposent aux lois qui restreignent la capacité des personnes à faire des choses comme consommer de la drogue ou des boissons sucrées, parier leurs économies sur des résultats sportifs, faire de la moto sans casque, etc. Mais notez qu’un des arguments majeurs qui est avancé pour soutenir ces lois est d’éviter une hausse de consommation d’état-providence. Ceux qui ruinent leur santé et leurs finances sont plus à même d’avoir recours à l’assistance de l’état. Pourtant, les libertariens rejettent ces lois – pas seulement en principe, mais là maintenant tout de suite.

Je ne vois aucune raison de traiter l’immigration différemment. (Évidemment, nous avons une bien plus grande raison d’ouvrir les frontières car cela produirait de bien meilleurs résultats pour le bien-être humain que, disons, faire de la moto sans casque.) Ceci dit, vous pourriez défendre la fin de la guerre contre la drogue, la légalisation des jeux d’argent, la conduite sans casque, etc. seulement dans l’idée mais pas en pratique. Cette vision réduirait le projet civil et économique libertarien à une vision du monde qui manque de réalisme. Et peut-être est-ce l’approche que vous avez (même si j’en doute). Mais si ce n’est pas le cas, alors vous devriez soutenir la liberté d’immigration dans la vraie vie avec au moins autant de ferveur que si vous supportiez le droit de conduire une voiture sans mettre de ceinture.