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3 raisons qui expliquent la croissance nulle

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

La croissance nulle annoncée par l’INSEE ne devrait surprendre personne. Les gouvernements successifs ont tous apporté leur contribution pour freiner les moteurs de croissance. Hollande ne sera ni le premier, ni le dernier, on peut tout au plus l’accuser d’avoir accéléré le rythme du combat contre la machine économique.

Le problème dans cette affaire, c’est que c’était parfaitement prévisible. Reconnaissons-le : qui, parmi nous, a été surpris par l’annonce de la croissance nulle au second trimestre ? Pas grand-monde à vrai dire. Ce qui est marquant, c’est que les causes de cette croissance nulle ne sont rien d’autre que les grandes réformes tant voulues par la gauche. En voici quelques unes :

 

1. Hollande a voulu combattre la finance, la finance est partie

Le pêché originel de ce quinquennat aura certainement été la hausse brutale de l’imposition du capital. Le gouvernement français a envoyé un signal massif au monde des affaires : « Pas de ça chez nous ! » Message reçu, les investissements sont allés voir ailleurs et Hollande est obligé d’aller pleurer dans les jupes de Super Medef pour avoir son million d’emplois.

Pas d’investissements, pas de croissance durable. C’est aussi simple que cela. Mais comment le financer ? Les marges sont au plus bas, les banques ne veulent accorder des crédits qu’aux entreprises qui n’en ont pas besoin et le capital s’est tari.

Oui, le gouvernement a mis en place des aménagements pour ne pas trop pénaliser l’investissement productif. Sauf qu’en économie, tout est question de psychologie, et les investisseurs n’ont vu qu’une chose : un président socialiste gesticuler contre le capitalisme, annoncer une taxe confiscatoire mais avec la promesse de ne pas taper trop fort. On attire pas les investisseurs avec du vinaigre.

Ensuite, les mêmes viendront pleurnicher parce que l’économie française se smicardise. Mais ce que les socialistes oublient, c’est que non seulement l’investissement créé des emplois, mais ce sont des emplois à forte valeur ajoutée. Si le gouvernement voulait créer une nation d’intérimaires précaires, il ne pouvait pas mieux s’y prendre.

 

2. Les nouveaux entrants sont barricadés hors du marché du travail

Il ne faudrait pas que les immigrés volent les emplois des bons travailleurs français, n’est-ce pas ? Bien qu’aucun politique de gauche ne s’exprimera jamais en ces termes, ils gardent au fond d’eux-même cette vielle idée que l’emploi est un gâteau qui se partage et que les jeunes et les immigrés ne pourront s’insérer dans le marché du travail qu’en mettant quelqu’un d’autre au chômage.

N’attendez pas de Hollande une quelconque réforme du marché du travail pour faire baisser le chômage des immigrés et des jeunes. Ce devait être une chance pour notre économie, mais au lieu de soutenir l’activité et de financer nos retraites, les jeunes et les immigrés sont devenus malgré eux un fardeau supplémentaire pour la collectivité.

Tout le monde est perdant dans cette affaire, à commencer par les premiers concernés eux-même. Mais les réformes qu’il faudrait mettre en œuvre pour débloquer la situation signeraient l’arrêt de mort politique pour Hollande : baisser le SMIC, légaliser le cannabis, déréguler bon nombre de professions… Il n’y a – juste – pas de solution miracle pour contenter tout le monde.

 

3. Réduire le déficit public est récessif (mais il faut le faire)

François Hollande aurait pu avoir une approche radicalement différente à son arrivée : il aurait pu faire le constat de l’état catastrophique dans lequel Nicolas Sarkozy a laissé le pays et annoncer des réformes difficiles mais nécessaires pour rebâtir une croissance durable. Au lieu de ça, il a prétendu pouvoir réduire les déficits tout en annonçant une croissance qui apparaitrait magiquement de l’extérieur, sauf que cela ne s’est pas produit.

Réduire le déficit est récessif, c’est un fait. Mais le déficit n’est pas un modèle de croissance, contrairement à ce que les néo-keynésiens comme Paul Krugman voudraient nous faire croire. Il peut être utile de faire du déficit pour soutenir temporairement l’activité, mais nous l’avons déjà fait : la dette publique est passée de 64% à 97% du PIB entre 2007 et aujourd’hui. Nous avons eu notre relance keynésienne. Nous avons soutenu la consommation, et de façon massive. Sauf qu’au lieu d’utiliser ce déficit pour accompagner des réformes de fond de notre économie, Sarkozy comme Hollande se sont contenté d’acheter la paix sociale jusqu’à l’élection suivante.