Bonnes résolutions pour 2016

L’an dernier, je n’avais qu’une seule bonne résolution, me réapproprier le terme « libéral ». Je pense que j’ai réussi, et j’ai l’impression que l’utiliser de nos jours est plus facile qu’à une certaine période. Avec 2015 derrière nous, je me permets de partager ce qui sera pour moi une liste de bonnes résolutions, mais aussi une liste de souhaits pour le mouvement libéral dans son ensemble.

Garder notre calme

Il est très difficile de débattre politique sans que personne ne s’énerve. Il y a de multiples raisons à cela, mais c’est surtout parce que chacun cherche à signaler son outrage et sa supériorité morale en haussant le ton (coucou Ben Affleck). S’énerver sur le sort des victimes d’une attaque terroriste permet de montrer que nous ne sommes pas des créatures sans cœur, froides et cyniques face aux maux du monde.

Mais c’est aussi malheureusement un signe d’irrationalité. À moins qu’on vous menace ou l’on vous insulte directement, il n’y a aucune raison objective de s’énerver. Est-ce que l’issue de cette discussion va drastiquement changer le taux de mortalité infantile dans les pays pauvres ? Est-ce qu’elle va prévenir une attaque terroriste imminente ? Sortir des milliers de personnes de la misère ? J’en doute fort.

Et c’est précisément la raison pour laquelle j’aimerais que nous, libéraux, montrions l’exemple sur ce sujet. Ayons des discussions intéressantes, mais reconnaissons aussi que ce ne sont rien d’autres que des débats d’idées. S’énerver ne ménera à rien, et j’ai le sentiment que de plus en plus de personnes préfèrent un Sam Harris rationnel, argumenté et calme à un Ben Affleck tout rouge qui crie « C’est raciste ! » pour fermer la discussion.

Moins d’idéologie, plus de science

Si cela peut vous consoler, une des raisons pour lesquelles je n’ai pas publié autant que je l’aurais voulu sur le blog (outre ma procrastination pathologique) est que j’ai passé une bonne partie de l’année 2015 à mettre à jour mes connaissances sur de nombreux domaines scientifiques. J’espère pouvoir le mettre à profit en 2016 ici, mais cela m’a aussi permis de changer mon opinion sur de nombreux sujets. Oui, j’avais une opinion dogmatique et malinformée sur les OGM ou le nucléaire. Je n’ai aucun problème à le reconnaitre.

Un des premiers (sinon le pire) biais est celui de confirmation. Les membres d’une sphère politique tendent à consulter les sources d’informations proche d’eux idéologiquement. Les libéraux n’en sont malheureusement pas exempt, avec un libéralisme très sélectif quand il s’agit de certains sujets marqués « à gauche », même si la science est sans équivoque dessus (cannabis, immigration, climat, etc.)

Mon approche personnelle est de faire passer la science avant l’idéologie. S’il y a un consensus scientifique dans un domaine, je ne vais pas chercher à prouver par tous les moyens que c’est faux seulement parce que cette information contredit mes idées préconçues.

Développer un discours plus positif et optimiste

La politique se nourrit de la peur. L’extrême gauche veut que vous ayez peur du patronat, la droite des délinquants, l’extrême-droite des immigrés, la gauche molle des boissons sucrées. Derrière chacun de ces messages, il y a une constante : « Votez pour nous, abandonnez vos libertés et vos droits, et en échange nous vous protégerons de cette horrible menace. »

L’humanité se porte de mieux en mieux. C’est un fait que les politiques ne voudraient surtout pas que vous réalisiez. Nous sommes plus riches, mieux nourris, mieux logés, mieux soignés, mieux éduqués et plus égaux que nous ne l’avons jamais été. Certes, ce n’est pas le cas en France, mais c’est justement parce que les politiques veulent gérer nos moindres faits et gestes. Si nous avions plus d’innovation, plus de commerce, plus d’échanges, plus d’opportunités d’agir, nous pourrions sortir de cet espèce de stagnation morbide qui gangrene le pays.

Arrêtons avec les messages d’horreur et de fin du monde. Le monde n’est pas parfait, et il y a encore beaucoup de problèmes à régler, mais c’est justement par plus de créativité et d’échanges que nous allons y arriver, pas en mettant plus de bureaucrates au pouvoir. Développons un message positif de croissance et de progrès, au lieu de prophétiser le prochain crash monétaire.

Rester intraitable sur les droits de l’homme

Je continue de porter l’insulte de « droidelhommiste » comme un badge d’honneur. La gauche comme la droite n’ont aucun remord à empiéter sur les droits de l’homme pour parvenir à leurs fins politiques. Que ce soit l’expropriation des paysans nantais pour la construction d’un aéroport inutile, la surveillance de masse des citoyens innocents au nom de la lutte anti-terroriste, ou l’érection de barrières autour de nos frontières pour empêcher les arabes de passer, rien ne les arrête.

Un petit rappel d’histoire serait, je pense, judicieux à ce stade. Si la révolution française était dans la lignée de la pensée libérale des lumières et des droits de l’homme, c’est la Terreur qui a bien vite pris le pas. Prenons soin de marteller que les droits de l’homme ne sont pas une variable d’ajustement pour les lubbies politiques de certains.