Qu’est-ce que le libertarianisme ?

Le libertarianisme est une philosophie politique qui cherche à maximiser la liberté dans tous les domaines possibles : la défenses des droits de l’homme, des libertés civiles et économiques.

Nous nous appelons « libertariens », et mettons l’accent sur la nécessité de limiter les pouvoirs de l’état, et ce pour plusieurs raisons.

 

Premièrement, tout comme un accusé est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit démontrée lors d’un procès, on ne peut retirer la liberté d’un individu que si son action cause un tord à autrui. La liberté devrait être le réglage par défaut, et les lois ne devraient encadrer que les comportements qui provoquent un tord objectif aux autres membres de la société, ainsi qu’écrit dans la déclaration des droits de l’homme :

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

 

Deuxièmement, l’histoire nous enseigne que les sociétés pacifiques et prospères sont celles qui préfèrent des institutions fortes et un pouvoir limité et décentralisé, au lieu d’un pouvoir discrétionnaire. Ces sociétés ne sont pas parfaites (et nous ne prétendons pas qu’elles le soient), mais lorsque les libertés civiles, individuelles et économiques sont protégées, on observe que ces pays sont généralement perçus comme des modèles.

On peut observer une corrélation claire entre la liberté individuelle et de nombreux autres indicateurs représentatifs d’une « bonne » société. En d’autres termes : des libertés civiles et économiques protégées sont corrélées avec de meilleures salaires & conditions de travail, une meilleure espérance de vie, une meilleure tolérance des minorités raciales et sexuelles, moins de problèmes environnementaux, etc.

Non seulement nous pointons du doigt que cette corrélation existe, mais nous affirmons qu’il y a un lien de causalité. La planification centrale n’apporte ni richesse ni paix sociale, car la connaissance nécessaire pour y parvenir est incommensurable, et parce que cette planification obéit principalement à des impératifs politiques et corporatistes.

 

Troisièmement, le libertarianisme favorise l’ordre spontané plutôt que la planification centrale. Les cultures, les langues, les économies n’émergent pas de l’esprit d’un planificateur, mais de la somme des actions de chaque individu. Comme l’avait écrit Adam Ferguson :

Les institutions sont le résultat de l’action humaine, mais ne sont l’exécution d’aucune conception humaine.

La langue française, le rock, et le prix d’une Guinness sont définis par les actions de millions d’acteurs, sans qu’ils ne se connaissent ou n’aient conscience de leur rôle dans le processus global. Les libertariens prétendent que ces institutions sont beaucoup trop complexes pour être gérées par une entité unique, et qu’elles se porteraient mieux si on les laissaient à l’ordre social spontané et coopératif que l’on désigne par le terme de marché.

 

Finalement, le libertarianisme est la seule philosophie politique qui critique ouvertement les lois paternalistes, ce que nombreux d’entre nous appelons l’État-Nounou. Oui, trop d’aliments gras et de sodas posent des problèmes de santé, fumer réduit votre espérance de vie, et conduire sans ceinture de sécurité vous met en grave danger.

Mais tout pendant que ce que vous faites ne cause aucun tord à autrui, vous ne devriez pas soutenir l’intervention de l’état pour interdire ce genre de comportements. Peut-être que vous n’aimez pas certains choix de vie, peut-être que ces choix affectent négativement la vie de ceux qui les font, mais lutter pour leur interdiction par la loi est (à nos yeux) immoral et extrêmement paternaliste.

Nous ne prétendons pas que les citoyens soient des enfants qu’il faut protéger d’eux-même, mais des adultes responsables à qui on peut faire confiance pour mener leur propres vies.