Les échanges sont mutuellement bénéfiques

L’école autrichienne d’économie est omniprésente dans la littérature libertarienne. Elle permet d’étudier et de décrire aussi bien les actes économiques quotidiens que les cycles macro-économiques.
Je souhaitais donc vous proposer une série de podcasts afin de vous en expliquer les fondamentaux. Je n’hésiterai pas au passage à glisser des références vers des auteurs, ouvrages ou autres vidéos si vous souhaitez en savoir plus.

 

Un des points de départ est que tout échange est mutuellement bénéfique. Il n’y a pas dans l’économie des « gagnants » et des « perdants », pour la simple et bonne raison qu’un échange volontaire ne peut s’effectuer que si les deux parties en bénéficient.
C’est très important car cela signifie que si je veux réaliser un profit, en vendant un produit ou un service, cela ne peut pas se faire au dépend de quelqu’un d’autre – c’est bien parce que chacun est enrichi au terme de la vente qu’elle peut se réaliser.

Imaginons par exemple que vous souhaitez acheter une baguette de pain et que votre boulanger en propose pour 1€. Pour le salarié français moyen, 1€ ne représente que quelques minutes de salaire. Autrement dit, à moins que vous soyez capable de produire une baguette en moins de cinq minutes, vous avez tout intérêt à l’acheter. Mais si le boulanger décide de la vendre 100€, vous allez considérer l’idée de la produire vous-même. Autrement dit, si vous êtes perdant dans un échange avec votre boulanger, vous n’allez pas vous y engager.

Lorsque l’on réalise cet arbitrage, on compare ce que l’on appelle les coûts d’opportunité, c’est à dire le coût de prendre une option plutôt qu’une autre. Si j’achète une baguette, j’abandonne 1€, soit quelques minutes de mon salaire. Mais si je décide de la faire moi-même, le coût d’opportunité sera bien plus grand ! A titre personnel, il me faut bien une heure de travail pour produire quelque chose, de moins bon au final que ce que le boulanger ferait.
De l’autre côté, le boulanger se posera la même question : qu’abandonne-t-il en vendant une baguette ? Le temps qu’il lui faut pour la réaliser. Soit très peu, puisqu’il a beaucoup d’expertise et des machines pour l’assister. Qu’abandonne-t-il s’il la garde ? L’euro que j’aurais puis lui donner. Donc, lui aussi, au terme de la vente, se retrouve enrichi.
Le coût d’opportunité est un concept évoqué par Frédéric Bastiat dans le sophisme de la vitre cassée.

Cela va à l’encontre de ce que l’on a coutume de penser – surtout en France, où l’on considère que l’acheteur est spolié car le vendeur réalise un profit. La réalité est que les deux font un profit, et que si nous devions tout produire par nous même, nous serions bien plus pauvres qu’aujourd’hui.

Comment se fait-il alors que nous soyons plus riches en échangeant ? Parce que chacun peut se spécialiser dans ce qu’il fait de mieux, c’est ce que l’on appelle la division du travail. Comme je l’ai expliqué, si chacun de nous produisait individuellement ce dont nous avons besoin, nous n’aurions pas grand chose au final. Combien sont capable de : construire une maison, une machine à laver, un four, cultiver des légumes, faire du pain, produire de l’électricité ? Personne n’en est capable, et personne n’y a intérêt, puisqu’en nous spécialisant, nous pouvons produire plus de biens et de services dans un temps donné.

Si le boulanger est capable de vendre des baguettes à un euro, tout en se donnant un salaire décent, c’est parce qu’il s’est spécialisé : il a appris les techniques, acheté du matériel et produit son pain en grande quantité.

N’étant personnellement pas trop doué dans la fabrication de pain, je me suis spécialisé dans le développement informatique, ce qui me donne un salaire pour acheter du pain que d’autres ont réalisé, louer une maison que je n’ai pas construite et faire des podcasts sur l’économie de marché.

On va me rétorquer que nous ne sommes pas tous égaux et que certaines personnes seront exclues de cette division du travail. A moins d’avoir un lourd handicap, ce n’est tout simplement pas vrai. Ricardo démontre avec sa théorie des avantages comparatifs que même si vous êtes moins bon que votre voisin dans tous les domaines, il reste plus avantageux de se spécialiser et d’échanger.

L’essentiel à retenir des échanges économiques est que ce n’est pas un jeu à somme nul. Autrement dit, le profit de l’un ne se fait pas au dépend de l’autre. C’est même le contraire ! Puisque chacun se retrouve enrichi par l’échange, c’est ce qui créé de la richesse.