3 raisons de vouloir plus d’immigration

Aujourd’hui je souhaitais vous parler d’un sujet qui me tient personnellement à cœur, à savoir l’immigration. Voici donc 3 bonnes raisons pour lesquelles vous devriez être en faveur de frontières plus ouvertes :

Premièrement, c’est la méthode la plus simple et la moins chère pour aider les pays en difficulté. Il suffit simplement d’ouvrir les frontières, et si les gens immigrent, c’est qu’ils ont de bonnes raisons de le faire. Cela ressemble à une lapalissade, mais beaucoup l’oublient assez vite. On ne traverse pas un continent et/ou des mers sur un coup de tête, mais parce que l’on espère trouver de meilleures alternatives. Et même nos jobs précaires mal payés représentent une bien meilleure option que ce qu’ils pouvaient trouver dans leur pays d’origine. Pays d’origine qu’ils contribueront à enrichir s’ils prévoient d’y retourner ou d’y envoyer directement de l’argent.
Cela peut aussi être une forme peu coûteuse d’aide internationale, dont l’efficacité a été prouvée. J’ai dit à plusieurs reprises à propos du conflit syrien qu’une solution pacifique et bien moins onéreuse qu’une intervention militaire serait de rapatrier en France des civils.

Autre aspect non négligeable, le bénéfice économique que représente l’immigration. Je n’irai pas par quatre chemins : virtuellement tous les économistes s’accordent pour dire que l’immigration a un impact nettement positif sur l’économie. Le débat n’est pas sur cette question.
N’oublions pas qu’un immigré qui vient travailler a besoin de se loger, de se nourrir et de faire les soldes de temps à autres. Une population qui grossit est un des vecteurs de croissance et d’emplois durables.
Il y a aussi un effet inattendu à l’immigration : elle aide à régler le problème des retraites. Puisque notre système de retraites est payé par ceux qui travaillent, et que ceux-ci sont de moins en moins nombreux, qu’il y ait plus de travailleurs est une excellente nouvelle. Ajoutez à cela que beaucoup d’immigrés ne viennent que pour travailler quelques années avant de repartir – ils n’auront donc pas besoin de services de retraite ou de santé dans le futur.
Tant que l’on parle de croissance, évoquons brièvement l’innovation. L’innovation est un processus plutôt aléatoire. Trouver l’idée géniale est plus une question de chance qu’autre chose. Statistiquement donc, si l’on accroît la population active, on accroît la probabilité que des cerveaux produisent des idées brillantes.

Et enfin, un argument qui peut sembler surprenant voire contre-intuitif, c’est qu’une immigration plus importante rendra notre société plus libérale. Le simple de fait de confronter des personnes de cultures et d’horizons différents donnera des désaccords sur des questions politiques, sociales ou économiques. Ils ne pourront pas se mettre d’accord sur des sujets comme l’école par exemple. La seule solution pacifique dans ce cas, c’est au final d’avoir plus de liberté et plus d’autonomie scolaire. Même constat pour l’état-providence : plusieurs populations n’auront pas forcément envie de payer l’une pour l’autre. On le voit déjà aujourd’hui en France, et inévitablement cela poussera l’état-providence à être plus efficace et à se réduire. Prenez le Danemark comme contre-exemple, qui a un des systèmes sociaux les plus généreux d’Europe. Pourquoi est-ce que cela fonctionne sans heurs ? Il y a fort à parier que cette cohésion nationale est facile à maintenir dans un pays qui n’est pas composé de cultures aussi hétérogènes que les nôtres. Milton Friedman disait qu’on peut avoir des frontières ouvertes ou un état-providence généreux, mais pas les deux simultanément. Et enfin, gardez à l’esprit de nombreuses régulations économiques affectent directement les populations immigrées. Entre les métiers protégés par des numerus clausus ou des licences, la régulation de nombreux produits, ou encore le SMIC, qui est une véritable barrière à l’entrée pour quelqu’un sans aucune qualification, il y a fort à parier que des frontières plus ouvertes forceraient l’état à moins intervenir dans les affaires économiques.