Est-ce que l’état doit fournir des services publics non rentables ?

Dans une société libertarienne, l’État doit-il réaliser des services importants mais non rentables comme les routes ou le service postal dans les régions reculées etc. ?

Plusieurs façons de répondre à cette question.

Milton Friedman, dans Capitalisme et Liberté, avoue ne pas être contre les services publics, mais à une condition : ne pas freiner la concurrence. Il cite l’équivalent américain de La Poste, qui fournit un service qui convient tout à fait à de nombreux américains. En cela, il ne s’y oppose absolument pas, mais ce qui le gêne c’est qu’il soit interdit par la loi de créer un concurrent direct.

On pourrait aussi remettre en question la non-rentabilité du service : est-ce parce que la technologie n’est pas encore au point ? Parce qu’il y a un problème d’organisation ? Bref : est-on certain que le service est intrinsèquement non-rentable, ou est-ce juste parce qu’il est mal fourni ?

Ce qui m’amène à mon dernier point : si le service est intrinsèquement non-rentable, alors il ne faut surtout pas avoir un tel service public. On me cite régulièrement l’exemple des trains, mais le fait qu’il n’existe à ma connaissance aucun marché intégralement privé de trains dans le monde (avec les infrastructures) montre une chose : les investisseurs savent très bien que ce ne sera jamais rentable. Et si l’état s’en occupe, il ne deviendra pas magiquement rentable, mais fera peser ses coûts sur les épaules des contribuables.