La droite n’a pas le monopole de l’islamophobie

Dans la catégorie « choses contre la gauche s’insurge mais qu’elle perpétue une fois au pouvoir », François Hollande aura très certainement un palmarès aussi lourd, sinon pire, que celui de Sarkozy face à la communauté musulmane. En effet, le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) rapporte que récemment une jeune fillette de 11 ans a été forcée de se déshabiller à l’école car sa tunique était jugée « trop musulmane ».

On serait bien tentés de se convaincre que ce cas n’est qu’un épiphénomène, mais il fait partie de toute une série d’oppressions subies par des enfants de confession musulmane, à cause de leur simple appartenance religieuse.

L’interdiction des signes religieux à l’école, une loi passée en 2004 et jamais remise en question dans les débats, même au sein de la gauche, a clairement été écrite pour interdire le voile musulman. Les signes religieux ne sont pas apparus en 2000 en France, il y en avait bien plus auparavant, quand la population était beaucoup plus catholique qu’elle n’est aujourd’hui. Depuis, on entend toujours des énormités sur le sujet du voile, jusqu’aux militants UMP qui justifiaient l’interdiction de la burqa au motif que l’on pourrait y cacher des bombes.

Mais le plus surprenant dans cette affaire aura été le silence coupable de la gauche, quand ce n’est pas le soutien avoué, à ces mesures délibérément anti-libérales. La même gauche qui, aujourd’hui, considère ces lois comme acquises, et n’a aucune envie de ne serait-ce que ré-ouvrir le débat.

Si l’on pouvait accuser la gauche d’une certaine passivité jusqu’ici, elle est passée à l’offensive depuis l’attentat contre Charlie Hebdo. Impossible pour qui que ce soit aujourd’hui d’émettre une quelconque pensée contraire à l’esprit du 11 janvier sans risquer l’arrestation pure et simple. Comment justifier les arrestations de collégiens pour avoir tenu des mauvaises paroles quelques jours après avoir battu le pavé au nom de la liberté d’expression ? Comment justifier l’humiliation d’une enfant parce qu’elle portait des vêtements qui, dans l’imaginaire islamophobe du personnel de l’établissement, représentait l’appartenance à une religion ? Comment peut-on justifier de telles violations des libertés civiles des musulmans dans un pays qui bombe le torse en se vantant en permanence d’avoir inventé la laïcité ?

La laïcité n’est pas, et n’a jamais été, la marche forcée vers l’éradication de la pensée religieuse, le bâton de la loi à la main. Je vis dans un pays où elle n’est pas présente, où les religions organisées luttent pour la création et le maintien de privilèges, et le gouvernement français ne nous facilite pas la tâche avec ces exemples, disons-le, caricaturaux de ce qu’une pensée tolérante devrait être. La laïcité à la française est le premier frein des musulmans pour adopter ces idées libérales.

Si les idées du Coran sont nauséabondes, ce n’est pas en revanche une carte blanche pour justifier les actes les plus inciviques perpétré par les représentants de l’état. Les musulmans sont des citoyens comme les autres et ont le droit de jouir de leurs libertés sans le poing de fer de l’état pour les opprimer. La laïcité n’est pas l’effacement des religion, c’est la tolérance de la croyance de chacun.