pope

Cette semaine, en Idiocratie #2

L’Arabie Saoudite nommée à la tête du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies

J’ai beau essayé de prendre le sujet par tous les bouts, je n’arrive pas à me résoudre à accepter qu’une organisation aussi importante que les Nations Unies puisse nommer l’Arabie Saoudite à la tête de sa commission des droits de l’homme, et que personne durant ce processus n’a réussi à expliquer clairement en quoi est-ce que c’est une mauvaise idée. Je sais bien qu’il est beaucoup plus probable qu’il s’agisse d’incompétence que d’un complot, mais cet exemple teste réellement les limites de ce dicton.

Le pape critique le capitalisme

Un vieux blanc qui vit dans l’opulence occidentale critique le capitalisme. La gauche applaudit. La droite grogne. Je suis perdu.

Le pape (dois-je rappeler qu’il est argentin ?) fait son « coming-out » socialiste dans une tirade répétée contre les ravages du capitalisme. Il surfe sur la croyance commune que l’occident vit une période de grande liberté économique et une application stricte des principes d’économies de marché pour ensuite dénoncer des problèmes pour beaucoup attribuables aux différents gouvernements respectifs.

Oui, l’économie actuelle est inégalitaire, génère de la pauvreté, et les profits réalisés dans de nombreux secteurs ne correspondent pas à des performances réelles. Mais si l’on part du principe (factuellement faux) que nous vivons dans une économie de libre capitalisme, il sera impossible de faire un bon diagnostique et de régler quoi que ce soit.

Estrosi promet des TER à l’heure

La malédiction de la politique est de réduire des sujets complexes qui mériteraient de grands degrés de connaissance et d’analyse à quelques phrases choc pour un auditoire dont la capacité d’attention est minimale. Comme promettre la ponctualité des trains.

Un ancien du Front de Gauche part au Front National

Y a-t-il des points de contact entre l’extrême gauche et l’extrême droite ? Plus que ces premiers ne voudraient l’admettre semble-t-il. Le Front National plait de plus en plus au vote ouvrier, complètement délaissé par des partis de gouvernement désarmés intellectuellement face au problème du déclassement social, ils se retrouvent donc à choisir entre une extrême gauche engluée dans ses luttes internes et sa dialectique hors d’âge, et un Front National qui est le seul à aborder les problèmes qu’ils rencontrent (mais qui apporte des réponses à côté de la plaque).

La grande difficulté de la politique est de jongler entre des sujets qui sont complexes (allez expliquer le concept de libre-échange en moins de deux minutes…) et une capacité d’attention des électeurs qui est très réduite. Non pas que ces derniers soient crétins, mais au contraire parce que c’est très rationnel de leur part. Entre le discours soporifique du Parti Socialiste, les Frédéric Lordon qui se plaisent à rendre leur discours incompréhensible, et un Front National qui a des phrases choc, le tour est joué.

Le problème ? Ce n’est pas un « bogue » de notre démocratie, mais une caractéristique inhérente.

Le PS a réduit les inégalités !

Le Parti Socialiste n’a pas laissé passer la dernière publication de l’INSEE, montrant une légère atténuation des inégalités en 2013. La hausse drastique des impôts sur les revenus des plus aisés (taxation à 75%, taxation du capital en hausse, etc.), les effets des emplois aidés, et la revalorisation de certaines prestations sociales ont permis de faire baisser le fameux coefficient GINI, et ont fait passer le taux de pauvreté de 14.3% à 14.0%.

Tout d’abord, le PS fait toute une montagne d’une non-nouvelle. 0.3% est tout au plus l’épaisseur du trait. Oui, les chiffres sont là, mais c’est une amélioration qu’on serait en droit d’attendre sur un trimestre, voire même à l’échelle d’un mois, pour qu’elle indique une amélioration significative de la situation.

Ensuite, j’ai personnellement apprécié le scepticisme avec lequel cette nouvelle a été accueillie. Les tours de passe-passe statistiques ne semblent plus impressionner grand-monde. Oui, les riches ont pris un coup en 2013, mais personne ne s’en émeut particulièrement. Ce qui confirme mon point de vue : la pauvreté n’est pas un concept que l’on peut mesurer de façon relative. Appauvrir les riches ne va pas améliorer la condition des pauvres.

Morano veut une France Blanche™

La France, un pays traditionnellement blanc et judéo-chrétien (enfin plus chrétien que juif devrais-je ajouter) ? Morano ne mâche pas ses mots sur le plateau de Laurent Ruquier, et libère son côté raciste si longtemps refoulé.

Oui Nadine, le pays a longtemps été blanc et judéo-chrétien. Il a été aussi le théâtre d’atrocités et de barbarie. Ce n’est pas parce que le pays a été quelque chose à un moment donné que c’est forcément bien. Ça a juste été le cas. Maintenant le pays est multiracial et a une plus grande diversité religieuse. Mais ne t’inquiète pas Nadine, tu auras toujours ta boulangerie au coin de la rue, où tu pourras déblatérer tes opinions racistes entre deux « C’était mieux avant ».