Cette semaine, en Idiocratie #3

Chaque semaine, je passe en revue les déclarations et faits politiques les plus idiots de l’actualité. Je prends notamment un malin plaisir à m’attarder sur ceux qui, non content d’avoir des opinions factuellement fausses ou pseudo-scientifiques, voudraient que leurs idées saugrenues s’imposent à tous par la loi.

La panique autour de Fukushima a tué plus que… Fukushima

Alors que le tsunami qui a frappé les côtes japonaises date de 2011, il n’y avait à ce jour eu aucun décès ni cancer officiellement lié aux radiations. Le gouvernement vient cependant d’annoncer qu’un des ouvriers, qui œuvrait en première ligne pour sécuriser le site au lendemain de l’accident, a développé un cancer des suites de l’exposition aux radiations.

Personnellement, je trouve cela impressionnant. Il aura fallu presque quatre ans pour trouver le moindre cancer causé par les radiations. Aucun parmi la population civile n’a été diagnostiqué. Par contre, au lendemain de la catastrophe, il y a eu 1 600 décès dans la panique que la centrale nucléaire a causée. L’Allemagne, qui a décidé d’arrêter d’utiliser l’énergie nucléaire suite à Fukushima pour privilégier le charbon, doit maintenant gérer les problèmes de santé bien réels causés par ce dernier. Les études sont rares sur le sujet, mais on estime qu’au moins 2 700 décès par an sont directement attribuables au charbon.

Si vous cherchiez une illustration de la psychose qui entoure le nucléaire, ne cherchez pas plus loin. Si le nucléaire avait ne serait-ce que le dixième du bilan du charbon, les écolos seraient en état de panique constant.

EELV veut lutter contre la malbouffe avec des « chèques bio »

Le niveau de méconnaissance scientifique d’Europe Écologie Les Verts est attristant, pour rester poli. Afin de lutter contre la malbouffe, ces derniers voudraient inciter (financièrement) la population à manger de la nourriture « bio ».

Seul hic : manger bio n’apporte absolument aucune différence en termes diététiques. Prétendre le contraire est (au mieux) ne pas comprendre ce que « bio » signifie. Je peux vous fabriquer le beurre de cacahouètes le plus biologique du monde, il sera toujours déconseillé d’en manger matin midi et soir. C’est d’ailleurs la conclusion de plus de 230 différentes études : manger bio n’apporte aucun bénéfice diététique.

Si le bio n’apporte rien sur le plan de la santé, il y a cependant de réels problèmes qui se posent avec une agriculture biologique. Selon les plantes, cultiver sans pesticides ni engrais réduit la productivité jusqu’à 25%. Que EELV soit aussi aveugle sur ces questions factuelles est vraiment inquiétant, pour un parti qui se veut du côté de la science.

Levée de boucliers sur les réseaux sociaux contre la « Taxe Tampon »

Cette affaire est l’illustration parfaite de comment est-ce que la politique transforme les sujets les plus bénins et insignifiants en batailles acharnées. La dernière en date ? La « Taxe Tampon« , sobriquet fabriqué pour dénoncer l’injustice d’une TVA à taux normale sur les serviettes et tampons, alors que d’autres produits d’une bien moindre importance (diner au restaurant, théâtre, et j’en passe) ont le droit à un taux réduit.

Si j’admets que la situation actuelle est ridicule et injustifiable, j’ai cependant du mal à sympathiser avec l’idée d’étendre un régime spécial à de nouveau produit. Oui, le taux réduit de TVA est injustifiable pour de nombreux cas. Faisons le ménage, alors. Supprimons le taux réduit pour la restauration, le théâtre, la presse et les livres. Oui, les restaurateurs et les libraires vont râler. C’est normal, c’est leur boulot en tant que lobbies. C’est pour cela qu’on ne doit pas les écouter, sinon on se retrouve avec un Twitter sur les nerfs à cause de cette histoire de serviettes.

Hillary Clinton, la candidate démocrate du 1%

Hillary Clinton, la candidate en tête des sondages pour la primaire démocrate, est non seulement populaire auprès des américains, mais aussi auprès du grand patronat. Selon CNBC, même si elle n’a pas rassemblé autant d’argent que son rival républicain Jeb Bush, plus de 700 grands patrons ont contribué à sa campagne présidentielle.

Ce n’est absolument pas surprenant. Barack Obama, durant la campagne de 2012, avait été largement financé par les universités et les compagnies de la high-tech. Deux secteurs qui, étonnamment, sont en pleine bulle alimentée respectivement par des subventions généreuses et une politique monétaire accommodante. Attendons-donc de connaitre les noms des donateurs de Clinton pour savoir quelles actions acheter en 2017 !